Deux tableaux marron: en deux coups de pinceau très larges, voilà des signes qui échappent à tout bon sémiologue. Ils sont très forts et doux en même temps, c'est pourquoi la couleur sépia m'est apparue comme la plus appropriée. Ils sont rehaussés de pastel, d'encre et d'aquarelle.

Les plumes: les plumes des oiseaux sont très graphiques et particulièrement celles des pintades. Moins prétentieux, les canards blancs évoquent plus la basse cour. Tout cela me renvoie à un univers d'enfance. J'ai pris plaisir à me souvenir de cette boue où évoluaient des volailles fières. 

Plumes 1Les plumes rendent légères des compositions pourtant  exécutées avec de grandes zones peu ornementées. Suggèrant des graphismes existant sur les ailes des papillons, les lignes s'entrecroisent doucement mais restent pour la plupart des lignes droites.

Tous les tableaux que je peins sont construits et je me soumets donc à ma propre contrainte

Ma maison a connu des générations de musiciens. La musique est aussi un langage qui s'écrit. Les vieilles partitions sont nombreuses à la maison. Leur écriture est très graphique et inspirante.

 

 

 


Une chanson m'est revenue en mémoire: "cheveux au vent, tambour battant, allons nous rendre à la rencontre du printemps". Chanson sans prétention que j'avais apprise en colonie de vacances. La série ne fait que commencer!

 

 

 

Ces sacs de jute de ma campagne picarde que j'ai collés, représentent une époque révolue, un moment où ils contenaient la richesse de la maison ou de la ferme. C'était une époque en or, minimaliste où l'imagination des enfants leur servait à imaginer des jeux, c'était une époque ordinaire, un moment en or.

 

 

 

Voici un florilège de mes créations  de la saison 2011 - 2012. Certains tableaux ont déjà été exposés à Maule en avril 2012 et une autre partie lors de mes expositions parisiennes de fin 2012

 

 

Dans cette série,il n''y a aucune nostalgie passéiste bien au contraire. Le temps qui s''écoule m'a apporté une certaine sérénité, tant ma sensibilité à fleur de peau s''est apaisée, même si elle est encore à mon avis trop prégnante.

 

Cet accrochage était consacré à la période 2005-2006. Ce sont des tableaux dont le fil conducteur est l’enfance. C’est un hommage à une partie de la vie très créatrice où chacun peut se reconnaître. Plus on vieillit, plus on se rapproche de l’enfance, c’est un vieil adage populaire. 

Pour celui qui aime les mathématiques, elle représente l''inconnue dans les systèmes d'équation, un repérage orthonormé avec y, et la multiplication. Elle est aussi le nombre 10 en chiffres romains. Elle est parfaite pour symboliser la prestigieuse école polytechnique.

Dans ces tableaux se trouvent les couleurs de l''enfance et celles plus sobres de la sagesse des adultes, l''audace des collages et la pondération donnée par les formats. Il n''y a plus de lignes véritables, juste une abstraction.

Les affiches collées sur les murs des cités nous racontent des événements. Elles sont empilées les unes sur les autres tel un mille-feuilles graphique. Je les ai arrachées puis retravaillées en faisant apparaître des couches anciennes par des déchirures. Des mots, des visages se retrouvent à découvert. J''ai également collé des matières pour composer enfin un tableau.

  

On pourrait penser que certains tableaux se construisent tout seuls, au gré des fantaisies de la couleur et de la forme. Ils sont le fruit des recherches passées et de la spontanéité du temps présent. On peut dire que c''est le rythme qui prévaut tant est rapide leur exécution.

Perdre les repères, avoir des repères, voilà le mot "repère" mis à toutes les sauces. En mathématique, les objets sont positionnés dans le plan par rapport à des repères orthonormés par exemple. Pourtant dans la vie, on peut décider de sortir des repères. Sur les tableaux, le brûlage de la soie selon les lignes verticales ou horizontales figure le refus d''accepter ces repères qui sont strictes, qui empêchent d''avancer et contraignent trop.

Même si la flamboyance des couleurs de l''aquarelle ou de l''encre... m''attire je tiens parfois à revenir à la sobriété des lignes et des couleurs pour garder l''essentiel, la prévalence du blanc.

J’ai organisé une exposition dans mon atelier de Bouafle qui s’intitulait "papiers d’atelier" et qui comprenait des tableaux nouveaux et anciens. Ma peinture a ceci de particulier qu’elle ne ressemble à aucune autre et cette différence est palpable dans les salons de peinture où je forme une catégorie à moi seule.